mercredi 16 août 2017

Instantanés du mercredi

Quand un monsieur beaucoup trop cool photobombe la photo d'un mur beaucoup trop cool - Le street art de Londres est un tel régal pour les yeux ! La plupart de ces photos ont été prises, sans surprise, à Shoreditch, fief de cet art éphémère que j'aime tant (j'y reviendrai dans un prochain article). 

Journée internationale du chat, avec une grosse pensée pour ma petite minette qu'il me tarde de dévorer de bisous à mon retour - Le carré parfait de porcelaines anglaises chez Cath Kidston - joli ciel du soir devant ma fenêtre - Et une autre jolie porte anglaise pour ma "collection" de portes, une !
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dimanche 13 août 2017

Ten little Positive things #80

1 - Préparer une tarte avec les mûres cueillies au Hampstead Heath.

2 - Photographier des dizaines de jolies portes anglaises.

3 - Tomber sur une répétition de danse au Southbank center.

4 - Trouver des pin's Harry Potter.

5 - Me balader à Notting Hill et revoir Coup de foudre à Notting Hill le soir en rentrant. 

6 - Manger un muffin au 35è étage en regardant Londres d'en haut.

7 - Goûter le brownie au caramel et noix de Pécan de chez Konditor and cook, qui arriverait même à faire un peu d'ombre au brownie de ma maman. 

8 - Donner le sourire jusqu'aux oreilles à un autre voyageur solitaire en acceptant de le photographier devant le Palace theatre, où se joue la pièce Harry Potter. 

9 - Lire et broder à Hyde Park en savourant le retour de l'été.

10 - Prendre le temps au comptoir d'un café. 
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vendredi 11 août 2017

Lettres à Londres #2

Au mois d'août, j'écris des lettres à Londres, où j'ai pris mes quartiers pour un mois. Voici le deuxième lot, après le premier, que vous pouvez retrouver par ici.


VENDREDI 4 AOÛT

Aujourd'hui, j'ai cru que c'était un peu une histoire rien qu'entre toi et moi, que je t'avais pour moi toute seule, Londres. Il y a quelques jours, improvisant un changement de programme à cause de la pluie, j'étais entrée dans la National Gallery en plein milieu d'après-midi, plus vite que je n'avais eu le temps de refermer mon parapluie. Sans doute ai-je cru qu'il en serait ainsi pour tous les autres musées, que je pourrais réellement ne rien prévoir, prendre un métro, m'arrêter au hasard d'une station dont le nom inspire mon impulsion du moment, retrouver l'air libre, m'asseoir sur un banc et me dire Je vais où ? Aujourd'hui, ce banc n'était pas loin du Musée d'Histoire Naturelle. Il était 14 h 15, et j'ai décidé d'aller au musée. Comme des centaines d'autres personnes, qui m'ont rappelée que ce séjour ne pourrait pas se faire exclusivement au gré du vent. J'irai plus tard, un matin, au réveil, je serai la première dans la file, chiche.

SAMEDI 5 AOÛT

Je n'aurais probablement pas eu l'idée de regarder à nouveau Coup de foudre à Notting Hill ce soir si... Si je n'étais pas allée me balader sur les lieux de tournage, si je n'avais pas arpenté les allées du Portobello road Market, ne m'étais pas imprégnée de ses odeurs, ses tissus, ses fripes, ses boutiques d'antiquaires, si je n'avais pas poussé la porte du Notting Hill bookshop, hésité à frapper à la porte bleue de chez Max, laquelle est devenue noire. La librairie du film, spécialisée dans les livres de voyage, est devenue une boutique de souvenirs, pour les voyageurs, et j'ai eu un pincement au coeur.
Je reviendrai te voir au beau milieu de la semaine, Notting Hill, quand tes rues se seront vidées de l'effervescence du marché, car tu auras toujours un petit quelque chose de spécial pour moi, et je ne crois pas pouvoir me contenter de t'avoir (re)vu une seule fois.

DIMANCHE 6 AOÛT

Comme pour me protéger d'un possible mal du pays, Londres, ce mois d'août tu as eu la délicatesse de rebaptiser ton célèbre Covent Garden en Covent Jardin. Ce n'est pourtant pas pour faire le plein de culture française que j'ai eu envie de me balader dans ce quartier, aujourd'hui. C'est pour le charme de cet endroit historique, pour ces arcades si belles, cette grande verrière, ces artistes de rue, cette fantaisie qui t'est si propre. J'ai goûté une part de gâteau Chez Antoinette, bredouillant ma commande en anglais à une serveuse qui était sûrement française. A la radio chantait Julien Doré.
Devant le Palace Theatre, où se joue actuellement la pièce Harry Potter, je n'ai pas pu m'empêcher de prendre une photo, et de photographier aussi ce jeune homme qui, en me remerciant, me confiait dans un grand sourire : traveling alone sucks!, ce qui n'a pas manqué de me faire sourire en retour.

LUNDI  7 AOÛT

J'ai lu qu'il fallait vingt jours pour ancrer une habitude. Combien de temps faut-il pour se créer des habitudes dans tes rues, Londres ? Pour t'apprivoiser un tout petit peu, tourner instinctivement à gauche ou à droite, anticiper la rue suivante ? Pour réagir sans même avoir besoin de lever les yeux de son livre à l'écoute lointaine de son arrêt dans la rame de métro. Je commence à faire mienne la Northern line, ça s'est fait presque à mon insu, subrepticement. J'ai comme infusé dans tes couloirs de métro. Son jeu d'embranchements, de dédoublements, ne me joue plus des tours comme lorsque, les premiers jours, je m'engouffrais sans m'en préoccuper dans la première rame à quai. Il me semble que j'aurais si vite fait de me créer des habitudes dans ce quartier du Hampstead, si vite fait de ne plus jamais vouloir en partir, aussi.

MARDI 8 AOÛT

C'est la deuxième fois que je te regarde d'en haut, chère Londres. Surtout pas de haut, simplement d'en haut. Je voulais à nouveau monter le plus possible pour voir comme t'es belle, comme t'étais belle depuis le 35è étage du Sky Garden. Cette fois-ci je ne pouvais pas apercevoir Big Ben, ce Ben que je ne suis toujours pas allée voir, mais ce que tu m'as dévoilé n'était pas mal non plus, il faut bien le dire. Tout en bas, les blacks cabs circulaient comme des fourmis, tandis que tes bus rouges irriguaient tes rues, lilliputiens fabuleux.
En rentrant je me suis arrêtée faire quelques courses à l'épicerie, et j'ai savouré de ne pas devoir me demander si  ça valait le coup d'acheter une bouteille d'huile d'olive que je n'aurais assurément pas le temps de terminer. Du temps, j'en ai, à passer avec toi, alors petit à petit, la cuisine se remplit d'ingrédients et de bonnes choses. Je crois que je m'installe.

MERCREDI 9 AOÛT

Je t'avais vue venir, tu sais, toi et ta journée de pluie. Mercredi 9 août ne pouvait être qu'une journée passée au musée, entendant jusque l'eau qui dégoulinait sur le toit du Musée d'Histoire Naturelle. Cette fois-ci, bien qu'ayant échoué à arriver la première dans la file, j'attendais sous mon parapluie avant l'ouverture, lisant quelques pages d'un livre qui prenait piteusement l'eau autant que tout le reste. A l'intérieur, tu m'as inspirée, si tu savais comme tu m'as inspirée. Des idées de gravures à n'en plus finir, des broderies... J'ai photographié tous les animaux de la Terre, du crabe géant de Tasmanie au caribou, en passant par le pangolin africain. J'ai photographié, gribouillé, suis revenue sur mes pas pour noter quelque chose à nouveau. Tu as provoqué un tourbillon créatif en moi, et je n'aurai jamais assez de mes dix doigts pour faire naître des images autour de toutes celles que tu as mises dans ma tête. 

JEUDI 10 AOÛT

Ca m'a fait quelque chose de fouler le sol de la salle de bal de Buckingham Palace, aujourd'hui. De sentir le poids de l'histoire sous toutes ces dorures et ces apparats. J'ai imaginé les bals, les robes qui tournent, j'ai imaginé les banquets. Ca m'a fait quelque chose de poser pour la première fois les yeux sur les tableaux de la galerie royale... un Vermeer, ici ? Titien, par là ? De décrypter tous les cadeaux reçus par la reine à l'occasion de visites d'Etat, de sourire en l'imaginant accepter poliment cette paire d'immenses boucles d'oreilles trapézoïdales qu'étonnement on ne l'a jamais vue porter, ou bien encore cet arbre de vie mexicain personnalisé à son effigie, débordant de kitsch et de couleurs fluorescentes. Je me suis demandé où pouvait bien se cacher la reine, parmi les près de 300 chambres du palais, parmi ses 78 salles de bain. Je ne l'ai pas croisée, évidemment, mais j'ai suivi de près Nelson Monfort, visiteur parmi d'autres, comme moi ce matin. Nous portions tous les deux une veste bleue à coudières, et ça aussi ça m'a fait sourire. 
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jeudi 10 août 2017

Instantanés... du jeudi

Londres et ses mille visages, qui, même sans la mer, parviennent parfois à me rappeler les embruns bretons, ses plages, son atmosphère et ses galets. L'autre dimanche, les enfants couraient et construisaient des châteaux de sable au bord de la Tamise. 

J'ai toujours eu un faible pour les jolies portes, je ne peux m'empêcher de les photographier quand je les croise sur mon chemin. Ici, à Londres, cette habitude prend des proportions jusque là inégalées, tant la ville a de bijoux à proposer en la matière. D'ailleurs, si cela vous en dit, j'ai regroupé une partie de ma "collection" de portes sur Instagram sous le hashtag #MRdoorscollection. J'espère l'enrichir encore et encore tout au long de ce mois d'août, et au-delà ! - Le petit vélo mignon - La blancheur de cette rue de South Kensington, jusqu'à ce taxi, qui semblait s'être mis au blanc lui aussi rien que pour s'assortir au paysage - On ne l'apercevait pas du premier coup d'oeil depuis la rue, cette jolie maison, il fallait s'arrêter, revenir sur ses pas, vouloir regarder, curieux, plus loin que la haie, et puis elle était là, à se dévoiler, terriblement belle à mes yeux. 

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mardi 8 août 2017

Mes lectures d'août


Chaque fois que je m'apprête à partir en voyage, la question des livres à emporter avec moi se révèle aussi épineuse que celle de savoir si je dois prendre ce tee-shirt, ou ce pull, ou ce chemisier... Pourtant, je ne déteste rien plus, au retour de voyage, que de m'apercevoir de tout le superflu dont j'avais alourdi mes bagages. Depuis plusieurs années, je tends donc à aller vers une valise la plus minimaliste qui soit, que cela concerne mes vêtements ou mes lectures de voyage. 

Cette fois-ci, je dois dire que la perspective de partir un mois a quelque peu perturbé ma préparation, car j'ai davantage l'habitude de partir pour de très courtes durées, pour lesquelles l'expérience m'a appris qu'un bon gros roman me suffisait généralement : avant, je partais, pleine de bonnes intentions, la valise chargée de livres, me disant que si ce n'était pas en vacances que je prenais le temps de lire, alors je ne voyais pas quand ce serait. Mais je suis si peu habituée aux vacances transat au bord de la piscine, que c'est généralement en vacances que je marche le plus, que j'explore le plus... et fatalement, que je rentre le plus fatiguée chez moi le soir, minimisant mon temps de lecture pour privilégier une bonne nuit réparatrice. Alors des livres, oui, mais minutieusement choisis !

Pour ce séjour à Londres, j'ai tâché de choisir des lectures complémentaires, pour ne pas me lasser d'un style d'ouvrage en particulier. J'ai donc retenu trois livres : un best seller, un ouvrage sur le voyage, très à propos, et un roman autobiographique d'un auteur qui ne me déçoit jamais. Je vous les présente : 

L'amie prodigieuse, d'Elena Ferrante 


Résumé : 

"Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition." 

Mon choix : 
J'ai tendance à découvrir les best sellers assez longtemps après tout le monde, lors de leur sortie en livre de poche, ou bien au hasard de mes trouvailles d'occasion en vide-grenier. Ce livre est de ceux-là, j'en ai entendu parler mille fois, de manière très positive, souvent, tant et si bien que j'avais très envie de le lire. C'est ma lecture en cours, qui occupe tous mes trajets en métro, et je suis pour l'instant tout à fait emballée par cette plongée dans le coeur du Naples des années 1950. 

L'art d'ennuyer en racontant ses voyages
de Matthias Debureaux :


Résumé : 
"Chaque année, un milliard de touristes parcourent le monde. En 2020, ils seront un milliard et demi à vous assumer avec leur récit de voyage."

Mon choix : 
J'ai découvert ce livre grâce à Juliette, à l'occasion d'un de ses articles consacrés à ses lectures. Jusque là, je m'étais contentée de l'ajouter à ma longue liste de livres à lire à jour, convaincue que je n'avais pas envie de le lire dans un autre contexte qu'en voyage. Mon séjour à Londres était donc l'occasion rêvée pour cela, et j'ai très hâte de m'y plonger vraiment, car il m'a l'air extrêmement drôle et à propos !


Comment tu parles de ton père
de Joann Sfar :
Résumé : 
"Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père c'est pas rien."

Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir un père comme André Sfar. Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes. 

Mon choix :
j'ai tendance à aimer tout ce que touche Joann Sfar, qu'il s'agisse de ses BD, de ses romans, de ses films, de ses dessins d'actualité... Ce livre-là trône dans ma bibliothèque depuis plusieurs mois, sans que j'ose réellement plonger dedans, jugeant le sujet très sensible. En le glissant dans ma valise, j'espère réussir à dépasser mon appréhension, car je sais d'avance que c'est une réussite. (c'est Joann Sfar, donc...)

Il me tarde de terminer ces ouvrages et de vous en dire plus ce que j'en ai pensé. 
Et vous, comment choisissez-vous vos lectures de vacances ? Que lisez-vous en ce moment ? 
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vendredi 4 août 2017

Lettres à Londres #1


LONDRES - Vendredi 28 juillet

Je ne pensais pas mettre aussi longtemps avant de te redécouvrir, Londres. 10 ans, et j'ouvre les yeux sur toi comme une deuxième première fois. Je ne connais plus rien de tes rues. Je me souviens, si, que lorsque nous marchions tout droit sur Oxford Street, nous finissions par arriver à Notting Hill. Je referai ce chemin-là, j'en ajouterai beaucoup d'autres, aussi. La dernière fois, les eaux d'Hyde Park étaient gelées. Il me tarde de les découvrir sous un ciel d'été.
Cette fois tu m'offres beaucoup de temps pour te connaître. Je compte les jours que je vais passer avec toi et je me réjouis comme un enfant qui tâtonne à saisir la mesure de "c'est beaucoup". Un mois avec toi, c'est un peu flou, pour moi, mais je crois que c'est beaucoup. Sûrement très peu pour prendre le pouls de toute ta richesse et de ta diversité, mais pour moi, c'est beaucoup. J'espère que tu me dévoileras au moins quelques-uns de tes secrets, de tes ruelles cachées, ce sont mes préférées tu sais. J'espère qu'alors je pourrai pousser des Oh! de découverte, d'émerveillement, au détour d'une jolie rue. Je sais d'avance que tu me plais, toi qui m'inspires.
Aujourd'hui ton ciel est tout gris, tu as eu la délicatesse de m'offrir un temps breton pour mon arrivée. Ne te sens pas obligée, je n'ai rien contre le Soleil.
Je ne sais même pas lequel de tes quartiers j'aurai envie de découvrir demain. J'ai tant de jours devant moi pour profiter de toi, à quoi bon planifier mes explorations ?

LONDRES - Samedi 29 juillet

Si quelqu'un me demande quelle aura été la première chose que j'aurai faite à Londres, la première attraction touristique que j'aurai visitée, je ne pourrai pas mentir et parler de Big Ben, ni des gardes de Buckingham palace. Pas même de la tour de London, ni d'aucun musée. En revanche je pourrai  parler de tes collines, Londres, des cerf-volants qui prenaient le vent, là-haut, tout en haut de Parliament Hills, dans le parc de Hampstead Heath. Des enfants qui s'amusaient à rouler pour dévaler la pente. Des parapluies qui s'ouvraient, puis se refermaient pour se rouvrir. Je connais ça, les quatre saisons dans la même journée. Et puis surtout, je parlerai des mûres, des dizaines de mûres que j'y ai englouties, comme ça, pour un premier jour à Londres, perdue en pleine nature alors que j'aurais pu courir les artères les plus trépidantes de la ville. Je ne te voyais pas comme ça, Londres, et pourtant c'est le premier visage que je retiendrai de toi, celui, inattendu, tes buissons de ronces gorgées de fruits.

LONDRES - Dimanche 30 juillet

Aujourd'hui était un vrai dimanche. D'ordinaire, mes dimanches ne ressemblent jamais moins à des dimanches que lorsque je suis en escapade à l'étranger. Trop désireuse de tout voir, de ne pas perdre une miette de rien du tout. Aujourd'hui était un vrai dimanche, de ceux où l'on prend le temps de préparer des gâteaux, de se dire que le temps peut bien s'écouler sans qu'on s'en préoccupe... Non repue par mon orgie de mûres de la veille, j'ai glissé deux petites boîtes dans mon sac à dos, et je suis repartie vers mon repaire dans les bois du Heath, toujours loin de l'effervescence londonienne. Plus tard, j'ai préparé une tarte aux mûres. La tarte aux mûres du Hampstead Heath. J'ai laissé la cuisine s'embaumer de sucre une demi-heure, ouvert la porte du four, puis je suis partie chiner, les mains dans les poches, rien que pour le plaisir des yeux. Au goûter, il y avait cette tarte aux mûres qui m'attendait, encore tiède, et un chat qui se roulait à mes pieds, ronronnant. C'était un vrai dimanche.

LONDRES - Lundi 31 juillet

Soho, lundi 31 juillet, et je plonge enfin dans tes rues bouillonnantes. De la musique jazz s'échappe de tes boutiques de disquaires, et je file m'émerveiller devant leurs pochettes de 45 tours plus belles les unes que les autres. Ici l'on voyage, on parcourt la Terre entière, et me voilà déjà en Chine, dans ta Chine à toi, Chinatown. On m'avait dit que tu avais mille visages, Londres, et tu m'en offres encore un autre, ton côté chic, parmi les superbes boiseries de chez Liberty, ses colombages, son dédale de luxe, qui s'en tiendra au plaisir de mes yeux. Mes yeux qui te regardent, Londres, qui n'en finissent plus de s'ouvrir grands, et qui pétillent de se demander combien de quartiers il te reste à me faire découvrir.

LONDRES - Mardi 01 août

Big Ben, pardonne-moi de n'être pas encore venue te voir, mais c'est qu'il y a tant à voir, ici, que je veux m'offrir le luxe de n'instaurer aucune hiérarchie entre toutes les richesses dont recèle la ville. C'est drôle comme les programmes et les priorités changent selon qu'on visite Londres le temps d'un week-end, une semaine ou plus. Je me souviens que la dernière fois, tu figurais parmi mes incontournables. J'étais venue te voir tout de suite, et puis Buckingham aussi, et le reste. J'avais voulu tout enchainer, et je sentais déjà bien, à l'époque, que j'aspirais à voyager autrement qu'en "avalant" les attractions touristiques. Bien sûr que je viendrai te voir cette fois à nouveau, mais qui sait, peut-être viendrai-je te voir dans une semaine, deux ? Je n'ai pas envie de te cocher parmi une liste des incontournables de la ville. Je voudrais que ce soit le hasard qui me mène jusqu'à toi. Qu'au détour d'une balade, soudain tu apparaisses devant moi. Et puis, en réalité j'ai déjà pu t'admirer depuis le ciel du London Eye, où je me fondais dans la foule de touristes. Bientôt je serai à tes pieds, promis.

LONDRES - Mercredi 02 août

C'est la première fois que je glisse mes baskets dans ma valise. C'est la première fois que je cours dans un autre pays que la France. D'ordinaire, je ne pars pas assez longtemps pour que cela me paraisse valoir la peine, et puis, il y a tant à voir en peu de jours, que je n'ai pas l'envie de courir, de courir davantage que je ne cours déjà les rues par mes explorations. Jamais je n'avais couru pour courir, enfilé mes baskets, ma tenue de sport, glissé mes clés dans ma poche, et filé dans un parc où je n'ai pas mes habitudes, pour avaler des kilomètres sur des chemins qui ne sont pas les miens, en faire ma routine temporaire, y croiser des foules d'autres coureurs dont c'est le jardin. Les dénivelés du Heath m'ont coupé les jambes, coupé le souffle, mais j'étais contente, qu'est-ce que j'étais contente, d'avoir le sentiment de vivre ici. De faire quelque chose de normal, simplement normal, loin de mon guide touristique. Ce matin je n'étais pas une touriste, j'étais une joggueuse comme les autres, bien que probablement un peu plus essoufflée...

LONDRES - Jeudi 3 août

Tu m'as désorientée, aujourd'hui, Londres. Par ta démesure, celle de chez Harrods, son luxe à tous les étages, ses dorures et ses files de touristes attendant leur tour pour un  sac griffé. Tu m'as désorientée par ton vent tenace, dans les couloirs de métro, à chaque carrefour, là, comme ça, ça me revenait à la figure. C'était un peu l'automne dans tes rues aujourd'hui, ça ne m'a pas déplu, bien au contraire. Je pense que cette saison siéra parfaitement à Chelsea, à ses longs immeubles de brique rouge, si élégants. Déjà, le lierre, mangeur d'espace, est en train de roussir sur les bâtiments, tandis que ton vent, toujours lui, s'amuse bien à faire valser les premières feuilles. Et moi, je portais une veste de laine. Comme le petit monsieur croisé au musée l'autre jour, qui m'a tant donné l'envie de le dessiner. C'est fou comme tes habitants m'inspirent. 
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mercredi 2 août 2017

Instantanés du mercredi

Cette lumière... Passion fenêtre complètement assouvie, dans les jolies rues de Londres - Balade du dimanche - Cueillette de mûres au Hampstead Heath.

Je n'ai pas pu m'empêcher de m'arrêter tout net devant la beauté de cette maison du nord de Londres. N'est-elle pas magnifique ? - Passion portes, même histoire que ma passion pour les fenêtres ! Photographier les jolies portes n'a jamais été plus qu'ici mon jeu favori, lorsque je me balade - Ces façades toutes colorées dans la grisaille du jour - Il y avait une optimiste et un pessimiste sur ce banc, l'un  proposant de rentrer, craignant l'arrivée de la pluie, l'autre tentant de le convaincre que... "it's just a cloud, look, it's just a cloud !" Et il n'a finalement pas plu.
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